Le pitch du film S.O.S Fantômes que nous connaissons est assez éloigné de l’idée de départ de Dan Aykroyd. Retour sur la genèse d’un film qui, contrairement aux apparences, est plutôt ancré dans le réel dans sa version finale.

Au début des années 80, Dan Aykroyd sort la tête haute de plusieurs années de succès au Saturday Night Live, programme télévisuel humoristique culte, mais également d’un succès unanime cinématographique en découlant, le formidable The Blues Brothers. Il souhaite à ce moment travailler sur un autre projet qui lui tient à coeur : une comédie de fantômes, genre tombé en désuétude depuis des années.

Son projet, alors intitulé Ghosts Smashers, mettra en scène un duo de chasseurs de fantôme voyageant à travers le temps et les dimensions parallèles. Cette toute première version, démarré à la fin de l’année 1981, évoque deux combattants des forces occultes ayant établi leur base dans une station-service transformée du New Jersey, et combattent différents revenants, dont un motard spectral terrorisant les foules…

Si l’on parle de duo, c’est bien évidemment parce que ce projet se fera avec son indispensable complice et ami John Belushi. Malheureusement, ce dernier ne verra jamais l’issue du projet, dévoré par ses excès. Il décède en 1982 d’une overdose au speedball, mélange de drogues qui emportera de nombreux autres artistes.

Aykroyd tient bon, travaille, porté par sa passion -et sa grande croyance- envers le paranormal, ainsi que la conviction de tenir une bonne idée. L’année suivante, il présente sa copie à Bill Murray, puis à Yvan Reitman, réalisateur rencontré à l’époque du SNL.

Dans cette première version finalisée, Reitman retrouve déjà les clés du futur film : un groupe de chasseurs, travaillant ensemble à l’élimination des esprits. Cependant, il émet encore des réserves sur le reste du script qu’il est en train de lire, pointant les futures impossibilités : le scénario de l’époque se déroule dans un futur proche ultra technologique, où les chasseurs travaillent dans une organisation globale, pouvant voyager dans l’univers. Non, il ne s’agit pas du pitch de Men In Black…

Yvan Reitman suggère quelques ajustements, qui s’avèreront être les bons ingrédients ajoutés à une mayonnaise en train de prendre. Tout d’abord, il propose de transposer l’histoire dans une grande ville américaine. Avec New-York, Reitman entend rendre l’histoire plus crédible… et plus bassement limiter considérablement les coûts de production. Il propose également de modifier l’angle d’attaque : plutôt qu’une police des frontières, il pourrait être intéressant de voir la chasse aux fantômes comme une entreprise en devenir.

Sa dernière suggestion concerne l’écriture, puisqu’il propose d’ajouter un troisième cerveau apportant du sang neuf, en la personne d’Harold Ramis. Le futur Egon Spengler est en effet un collaborateur et ami de Reitman, puisqu’il a co-signé le scénario de ses précédents films Meatballs (« Arrête de ramer, t’es sur le sable » en français, oui oui…) et Stripes (« Les bleus »). Pas vraiment difficile à convaincre après avoir lu l’ébauche initiale, ce dernier complètera parfaitement le trio d’écriture.

Ainsi, en moins d’un an, le premier jet de Dan Aykroyd se modèle pour devenir le film que l’on connais. Pour le reste de la production, tout aussi passionnant, rendez-vous dans un prochain épisode…

NDLR : le titre de l’article est une référence au film. Lorsque l’entreprise de devient un succès, les chasseurs de fantôme font alors la une du Time magazine. Ce dernier titre alors : « Ghostbusters, supernatural success story ».