Les plus grandes firmes multinationales sont l’objet de toutes les peurs, mais également de toutes les spéculations et fantasmes… Petit tour d’horizon des sociétés fictives les plus dangereuses du cinéma populaire.

Car soyons honnêtes : il est tout de même assez rare de croiser une société animée par la seule envie d’aider son prochain (outre FedEx dans Cast away, bien sûr). Que cela soit par soif de pouvoir ou de profits, les représentations cinématographiques peuvent nous faire craindre le pire…

Weyland-Yutani, en eaux troubles

Dans un futur pas si lointain, la Weyland-Yutani corporation est un conglomérat britanno-japonais formé à la fin du XXIe siècle travaillant dans le domaine des technologies de pointe au service de la conquête spatiale… ou plus exactement de la colonisation spatiale : dans l’univers croisé Alien et Predator (il faut bien le citer en tant que tel…), l’heure n’est plus à la course aux étoiles. La « Wey-Yu » conçoit alors les vaisseaux, les équipements et les androïdes rendant l’exploitation, le commerce et l’exploration possible.

Si l’objectif évident et naturel est le profit, les objectifs de la société s’avèrent beaucoup plus troubles après avoir gratté le vernis. Toute puissante et sans apparente concurrence, la multinationale (devrait-on dire multispatiale ?) n’a pas beaucoup d’empathie pour son personnel… Car cette la soif de puissance sera le synonyme de beaucoup de vies ôtées. En effet, après avoir découvert l’existence des xénomorphes, la Wey-Yu mettra tout en oeuvre,  quelqu’en soient les sacrifices, pour satisfaire son ambition : capturer l’Alien et en créer l’arme de guerre ultime.

Mais une question se pose : si la Wey-Yu avance vouloir concevoir cette arme pour garantir la suprématie de la Terre (ce qui reste à prouver…), cet objectif doit-il être atteint à tout prix ?

CyberDyne Systems, ou la fin de l’humanité

Le lourd fardeau de la société CyberDyne Systems est d’avoir créé l’entité artificielle Skynet. Dans la série de film Terminator, cette multinationale est un fabricant de matériel informatique et robotique basé en Californie, ce qui ne manque pas de lui donner de faux airs d’IBM, Intel ou autres Apple… Si à l’origine la société semble plutôt tournée vers la production de composants, il s’avère que cette dernière s’oriente vers deux secteurs qui causeront sa perte (ainsi, potentiellement, que celle du reste de l’humanité) : l’intelligence artificielle et la robotique à des fins militaires. Ainsi naquit Skynet, super-intelligence censée remplacer les fantassins, mais se retournant finalement contre ses créateurs et contre l’être humain au sens strict du terme. Son seul objectif devient alors de détruire les hommes jusqu’au dernier, John Connor y compris.

Avec l’exemple Terminator est dénoncé le syndrome du savant fou : dans sa quête de profits et de puissance la firme donne les pleins pouvoirs à ses ingénieurs pour concevoir, faisant fi de la morale et du danger… Souvenons-nous d’ailleurs de Stephen Hawking (autrement dit pas la moitié d’un âne), qui disait en 2014 à la BBC que « le développement d’une intelligence artificielle complète pourrait mettre fin à l’humanité« . Ou quand la fiction prend de l’avance sur la réalité.

InGen, se prendre pour le Créateur

Vouloir s’élever au même rang que Dieu en créant la vie : de CyberDyne à InGen, dans le premier film Jurassic Park, il n’y a qu’un pas. C’est ainsi que John Hammond et son équipe de chercheurs parviennent à ramener à la vie de nombreuses espèces de dinosaures disparues depuis des milliers d’années.

Si dans le film le danger ne vient pas d’InGen en soi (c’est pour le compte de la société concurrent Biosyn que l’un des employés de Hammond le trahi et laisse le parc dans une situation catastrophique pour ses visiteurs), il est responsable d’avoir voulu aller à l’encontre de la nature, se sentant au dessus de ses lois ; c’est en tout cas tout le discours et le rôle tenu par Ian Malcolm (inoubliable Jeff Goldblum), mathématicien spécialiste de la Théorie du Chaos.

Cette certitude de tout maîtriser et d’être à l’abri des problèmes est un dénominateur commun à de nombreuses autres firmes : Tyrell corp, dans Blade runner, à l’origine de la création -et par la force des choses de la situation douteuse autour- des androïdes « réplicants » ; Encom pour la série Tron, où les guerres d’ego internes mettent en danger les personnes projetées sur la Grille ; Buy N Large enfin dans l’univers Pixar, et plus particulièrement le film Wall-E, ou une entreprise totalitaire a surexploité la Terre au point d’en chasser l’être humain.

Pour ces deux derniers exemples, c’est d’ailleurs un comble : Disney a aujourd’hui ce rôle de multinationale surpuissante, pointée du doigt dans plusieurs de ses productions. Difficile de passer à côté chez Pixar, Lucasfilm ou Marvel…

Et du côté des comics ?

Il est vrai que du côté Marvel ou même DC, la multinationale surpuissante possède une place prépondérante. D’un côté, les archétypes du Mal incarné : Lexcorp chez Superman, OsCorp chez Spider-man. Au sein de chacune les têtes pensantes se retrouvent être, volontairement ou par accident,

Et à l’opposé de cet affrontement manichéen, les défenseurs du bien : Wayne Entreprise, tout d’abord, même si la société ne met qu’avec beaucoup de discrétion son budget et son département R&D au service de sa chauve-souris de patron. Citons encore Stark Industries, où en revanche la discrétion n’est pas vraiment le propre de la maison…

Cela étant, pour les deux exemples cités, le tableau n’est pas aussi noir et blanc : chacun des patrons à une vision bien à lui de ce qu’est le bien, et de la méthode nécessaire pour y parvenir. Et nous revenons finalement au patron richissime et surpuissant qui se dote de tous les pouvoirs pour arriver à ses fins…

En conclusion, les exemples extrémistes du cinéma sont finalement un reflet assez fidèle de l’inquiétude générée par la surpuissance. Aujourd’hui, comment ne pas paralléliser avec Google ou Facebook ? C’est là toute la force de l’entertainment : sans tomber dans le drama, nous pousser à la vigilance, et à réfléchir.